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    10 JOURS AU SÉNÉGAL

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     Nous n’allons pas vous mentir: Le Sénégal n’est certainement pas le plus beau pays d’Afrique. Là bas, pas de big five à ramener précieusement dans l’appareil photo, pas de désert à perte de vue, pas de volcan qui s’érige au milieu de la jungle, pas de silhouette de guerrier Massaï qui se dessine dans un coucher de soleil flamboyant.

    Mais, pour notre grande première en Afrique (hormis quelques voyages au Maghreb) nous avons jeté notre dévolu sur ce petit pays à l’ouest du continent, particulièrement attirés par son surnom: Téranga. En langue Wolof cela veut dire « hospitalité », une valeur élevée au rang de fierté nationale. Nous sommes donc partis 10 jours sur les traces de ce motto réjouissant, à la rencontre du peuple sénégalais, de sa culture et de son Histoire.

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     Ramasseur de sel au Lac rose. 

          Excités et plein de fantasmes. C’est ce que nous étions en posant le premier pied sous la moiteur dakaroise. Pour ce voyage nous avons décidé de ne faire appel qu’à des structures de tourisme responsable – appelé également « tourisme éthique » – en nous tenant le plus loin possible des temples du tourisme de masse: les stations balnéaires en déclin. Nous avons fait appel à Esprit d’Afrique pour nous aider à définir le parcours idéal, celui qui nous permettrait de capter l’essence du pays. En plein mois de Ramadan, l’expérience n’en sera que plus singulière.

    Un juste dosage entre confort et authenticité nous emmena des berges du Lac Rose, un semblant de pays de cocagne, à la maison sommaire d’un chef de village, en passant par la fureur du port de pêche de Saint-Louis et la quiétude du « Désert » de Lompoul.

    Tamara et moi attendons d’un voyage qu’il nous marque de son fer, qu’il nous surprenne, qu’il nous malmène parfois. L’âme d’un pays se juge dans ses contradictions et ce jugement restera à jamais personnel. Unique. Nous étions alertes, totalement ouverts à ressentir chaque seconde de ce périple et si nous devions en faire la synthèse ce serait de façon très maladroite, parfois même douloureuse.

    La Téranga, cette notion chère à notre coeur avant notre départ, on en a fait notre fil rouge. Elle s’est étiolée de temps à autre jusqu’à disparaitre parfois, comme dans les environs de Saint-Louis où être blanc peut vite être un fardeau. Les regards méprisants n’y sont pas rares, ainsi que les charlatans malveillants. Malheureusement un peu d’Histoire nous aident facilement à les entendre… D’autres fois, souvent, la Téranga se sublime à travers son peuple.

    Une nuit, avant de nous endormir sous une tente mauritanienne, nous avons cassé le jeûne avec les employés d’un campement, sous les flammes d’un feu de camp. Chaque geste, chaque tasse de thé qu’ils nous servaient était remplie de leur joie de partager ce moment.

     Sur les berges du Lac rose. 
     Nous cassons le jeûne dans le désert de Lompoul.
     Dans le désert de Lompoul. 
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     Saint-Louis. 
     Femmes de Bambougar. 
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     Filles du village Bambougar dans l'attente de se faire tresser par leurs aînées. 
     Cultivation près du désert de Lompoul. 
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     Chef du village de Lompoul. 

    À Bambougar à l’intérieur des terres, dans les mangroves du Siné Saloum, des villageois nous ont dépouillé de toute notre superficialité, à coup de sourires et de générosité sans égale. Dénués de filtre qui étouffent leur coeur, si ce n’est un peu de pudeur, les sénégalais nous ont comblés de leur savoir vivre, de leur dévouement à autrui. Nous avons mangés dans le même plat avec nos doigts. Nous avons voulu la même chemise – qui ferait pâlir d’envie John Galliano–  que celle du jeune employé du gîte, Pap. Nous avons ri aux même blagues douteuses. Nous avons négocié le prix des mêmes poissons sur les étals bruyants du marché. Nous avons tapé dans le même ballon. Pauvres « riches » que nous sommes, nous avons été transportés par la réalité crue d’un pays où plus de 10 ethnies cohabitent, où dans certaines familles deux frères sont, l’un musulman et l’autre chrétien, animés par la même envie d’aller danser.

     

    Il fut compliqué pour nous de les quitter. L’avant dernier jour, un petit crochet vers les infrastructures hôtelières de « la petite côte » à Saly, nous conforta dans notre choix. Aux abords d’une piscine de 30 mètres de long, le carrelage incrusté de faux coquillages se lézardait. À l’autre bout de la fissure, un « toubab » – blanc en Wolof – ventripotent, allongé sur un transat, sirotait un coca en se goinfrant de frites. J’espère que notre Sénégal à nous vous plaira plus que le sien.

     Saint-Louis. 

    NB: Nous n’avons pu avoir qu’un petit aperçu du pays en seulement 10 jours. Nous rêvons d’y retourner voir les plages paradisiaques de Casamance au Sud du pays, les tribus isolées à l’Est, en pays Bassari et passer au moins deux nuits pour découvrir Dakar. On voudrait placer un mot pour Jules qui a été notre guide, notre ami, pour toute la durée du voyage. On a mis sur pied un voyage assez particulier où l’on voulait être libres de choisir au jour le jour. Il a su nous laisser cet espace vital de liberté que l’on a pas dans les tour operator en nous orientant vers les bonnes décisions. Il est une mine de savoir à lui tout seul et nous croyons qu’il détient les clés du pays, avec lui rien n’est impossible, vous devenez un local en deux jours.

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