Accueil POLITIQUE Compagnonnage avec Macky Sall : Le pari risqué de Youssosu Ndour

Compagnonnage avec Macky Sall : Le pari risqué de Youssosu Ndour

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Invité de l’émission « Face 2 face », Youssou Ndour s’est dit déçu de son compagnonnage avec Benno à cause de l’ostracisme et des injures qui y ont cours. Même déçu, cela ne l’empêche pas de continuer l’aventure avec Macky Sall. Une aventure qui risque d’être périlleuse pour lui en ce sens que You a plus à perdre qu’à gagner dans ce compagnonnage. Et ce n’est pas la première fois qu’il dénonce les travers de la mouvance présidentielle. D’ailleurs, en claquant avec fracas la porte de Benno en 2013, Youssou Ndour disait ceci : «Benno bokk yakaar est un groupe de pression plus qu’une organisation dont l’objectif est de soutenir le chef de l’État comme en témoignent les récurrentes querelles intestines qui s’y manifestent».

Des propos qui en disent long sur le malaise qui prévaut toujours au sein de cette alliance de prébendiers. Et le constat est qu’absolument rien ne justifie le maintien de Benno si ce n’est la conservation des privilèges des leaders qui la composent. Qui se ressemble s’assemble, dit-on. Et Youssou Ndour l’a tellement bien compris qu’il en avait fait une chanson pour dire que «Bey bu andul ak moromu beyam and ak cérré» ; en d’autres termes la chèvre qui ne marche pas avec ses semblables risque d’accompagner le couscous. Pour dire combien le marigot politique est infesté de caïmans.

You n’avait donc rien à y faire et il se devait impérativement quitter l’alliance au risque d’y laisser sa peau comme ce fut le cas lors des législatives à Grand Yoff où il a été sauvé de justesse d’un lynchage. Étant une icône, une star planétaire, il ne s’appartient plus mais il appartient au Sénégal et au monde entier. En s’accompagnant avec le régime il risque de subir les contrecoups de sa baisse de popularité. Il a même soutenu dans sa sortie qu’il n’était l’animateur, encore moins la marionnette de personne. Ce qui laisse penser que sa liberté de manœuvre est quelque part restreinte avec des sens interdits. Par conséquent, il devrait garder toute sa liberté et jouer le rôle de sentinelle.

Ainsi, ne doit-il figurer dans aucune chapelle politique. Étant une référence pour les jeunes, une fierté nationale et un leader d’opinion, sa posture idéale serait d’être à équidistance des formations politiques. Aujourd’hui que les jeunes sont dans le désarroi le plus total du fait de leur manque de perspectives et de modèles, sa mission en tant que leader d’opinion est de les conscientiser davantage, de leur inculquer les vertus de la conscience citoyenne et de la confiance en soi. Et son exemple est assez éloquent, car il s’est hissé au sommet grâce à son travail et à la confiance en ses capacités. D’ailleurs, si beaucoup de jeunes embrassent aujourd’hui le métier de musicien, c’est en grande partie grâce à lui.

LE SEUL PARTI A SOUTENIR DOIT ETRE LE SENEGAL

Étant donné qu’il n’a pas attendu de faire la politique pour être riche ou célèbre, les politiciens ont plus besoin de lui que lui d’eux. Donc, le seul parti qu’il doit soutenir doit être le Sénégal et non un parti politique, fut il celui qui est au pouvoir. Comme il l’a d’ailleurs rappelé dans l’émission « Face to face », comme en 2011 le pays avait besoin de lui et il n’a pas hésité à investir sa vie et sa crédibilité pour lui venir en aide. Après lui être venu en aide, sa meilleure posture aurait été de retourner à ses activités. Être du côté du peuple, c’est savoir garder une distance salutaire avec les politiciens qui n’ont pas d’amis mais que des intérêts.

Mieux vaut être du côté du peuple qui est éternel que d’être de celui du pouvoir qui est inconstant et éphémère. Aujourd’hui, Youssou Ndour est en quelque sorte ce que Bob Marley était en Jamaïque. Donc, il doit être du côté du peuple tout en jouant un rôle de régulateur social qui n’hésite pas à calmer le jeu quand les politiciens se crêpent le chignon. Comme l’avait d’ailleurs fait Bob Marley un certain 22 avril 1978 quand autour d’un concert pour la paix, il avait réconcilié Michaël Manley, le Pm d’alors de la Jamaïque et son opposant Bob Edward Sega alors qu’ils se disputaient la gestion du pays.

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