Accueil POLITIQUE Manif de l’opposition : ça passe ou ça casse

Manif de l’opposition : ça passe ou ça casse

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L’opposition a décidé d’investir la place Washington ce matin pour réclamer le dessaisissement du ministre de l’IntérieurAli Ngouille de l’organisation de la présidentielle de 2019 après ses propos malheureux. Seulement il est fort à craindre que le pouvoir qui a accordé toutson soutien à son ministre de l’Intérieur prenne prétexte de l’arrêté Ousmane Ngom pour réprimer la manif. Ce qui serait dommage pour notre démocratie.

L’opposition a décidé de tenir un sit in ce matin devant le ministère de l’Intérieur pour réclamer le retrait de Ali Ngouille Ndiaye de l’organisation de la présidentielle de 2019 au profit d’une personnalité neutre. Selon elle, il est hors de question que le ministre de l’Intérieur organise le scrutin après avoir déclaré cartes sur tables qu’il fera en sorte que Macky Sall remporte les élections. Au vu du soutien sans faille accordé au ministre de l’Intérieur par le pouvoir et l’arrêté Ousmane Ngom qui interdit toute manifestation dans le centre ville, il est fort à craindre qu’il y ait du grabuge.

Car l’opposition a décidé de braver tout interdit du moins si l’on se fie au propos de El Hadji Amadou Sall : «Nous nous battrons de façon démocratique. Vendredi, nous serons devant le ministère de l’Intérieur. Avec ou sans autorisation, on y sera. Nous sommes décidés à nous battre » at-il déclaré. Toujours est t-il que le pouvoir gagnerait à autoriser cette manifestation et à l’encadrer parce qu’il ne sert à rien de jeter de l’huile sur le feu. Déjà que la situation sociale est assez tendue, il ne sert à rien de l’interdire sinon d’exacerber les rancœurs et les frustrations. Comme le ministre de l’Intérieur a prêté le flanc, la meilleure des choses est de laisser l’opposition s’exprimer, tout autre acte serait interprété comme une action visant à bâillonner notre démocratie.

Parce qu’on le veuille ou non, il faut reconnaitre que ces propos du ministre de l’Intérieur peuvent être source de danger pour le pays d’autant que nombre de Sénégalais n’ont pas encore reçu leur carte d’identité. Maintenant pour calmer les ardeurs guerrières des uns et des autres, la solution la plus simple est de laisser les gens manifester et rentrer tranquillement chez eux. Encore une fois il suffit seulement que le pouvoir déploie un effectif pour sécuriser et non réprimer les manifestants.

Pourtant le 2 février 2000, à la veille de l’alternance la situation était plus tendue pour ne pas dire explosive mais cela n’a pas empêché le pouvoir d’alors d’autoriser la marche de l’opposition réunie autour du Front pour la Transparence et la Régularité des élections (Frte) qui s’était terminée au ministère de l’Intérieur où le Général Lamine Cissé avait reçu le mémorandum de l’opposition. Finalement, la démocratie s’en était sortie renforcée. D’ailleurs de quoi le pouvoir a-t-il peur, lui qui crie sur tous les toits que son candidat passera dés le premier le tour ? S’il en tant convaincu, il n’a qu’à respecter les règles du jeu démocratique et laisser le peuple souverain faire son choix

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