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Mata Sy Diallo (Grand parti) : “Une alternative socialiste est la seule crédible en 2019”

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Mata Sy Diallo, la Lionne du Ndoucoumane, sort de sa Tanière pour asséner ses vérités. Sans langue de bois aucune, elle aborde toutes les questions de l’heure qui interpellent le Grand parti, sa formation politique. De l’affaire Khalifa Sall au dialogue national en passant par le fichier électoral et la campagne arachidière, elle dit tout.

Le procès de Khalifa Sall vient d’être bouclé. A quel verdict vous attendez-vous le 30 mars prochain ?
Je garde espoir que l’honorable député-maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, sortira libre le 30 mars prochain parce que pour nous, ce procès est éminemment politique. Les différentes plaidoiries de la défense l’ont prouvé.

On a vu votre leader, Malick Gakou, aux premières loges du tribunal tout au long du procès qui a duré 21 jours…
Cela est tout à fait normal, au regard de la trajectoire et des événements historiques que Malick et Khalifa ont vécus ensemble depuis leur verte jeunesse socialiste. Ils partageront toujours les mêmes peines et difficultés malgré les vicissitudes de la politique. Khalifa est un grand frère pour Malick Gakou. Ils ont le même ADN socialiste qui met toujours les valeurs humaines au-dessus de tout comme ils aiment le rappeler constamment.

Pendant ce temps Idrissa Seck sillonne le Sénégal et se positionne comme le challenger du Président Macky Sall. N’a-t-il pas une longueur d’avance sur votre leader ?
J’encourage le Président Idrissa Seck à poursuivre dans cette voie car seul le terrain pourra départager les candidats. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le Président Malick Gakou a déjà fini de faire le tour des 45 départements entre 2015 et 2017, d’une part pour installer les structures du Grand Parti dans l’ensemble des communes du Sénégal et dans la Diaspora et d’autre part pour se tenir prêt en perspective de la présidentielle de 2019.

Donc le Président Malick Gakou a déjà fait ses preuves dans toutes les contrées du pays et dans la Diaspora.

Après avoir écouté et entendu les Sénégalais depuis deux ans, il va entamer le deuxième tour du pays pour apporter cette fois des propositions de réponses aux préoccupations des populations. C’est dire d’ores et déjà que nous sommes sur le terrain en phase avec tous les segments du Peuple.

“Nous avons vendu 338 000 cartes dont 22 000 dans la Diaspora. Nous espérons atteindre l’objectif de 500 000 avant la fin de l’année 2018.”

Comment se porte le Grand parti ?
Le Grand parti se porte bien. Il incarne l’espoir et la cote de sympathie de son leader est telle que les adhésions se font tous azimuts. C’est ce que nous constatons depuis la naissance du parti. Je suis profondément fière d’encadrer mes enfants qui ont pu construire en moins de deux ans un parti qui compte dans le landerneau politique de notre pays. Nous sommes honorés par les ambitions que les Sénégalais ont pour le Grand parti.

En votre qualité de présidente du Comité national de supervision de la vente des cartes, où en êtes-vous ?
Depuis le lancement de la vente des cartes le 30 octobre 2015, nous en sommes à 338 000 cartes vendues dont 22 000 dans la Diaspora. Nous espérons atteindre l’objectif de 500 000 cartes vendues avant la fin de l’année 2018.

Votre leader peut-il gagner la présidentielle de 2019 sachant qu’il a perdu dans sa base lors des dernières législatives ?
Malick Gakou a les meilleures prédispositions pour diriger ce pays. Docteur en sciences économiques et spécialiste des politiques de développement, il a été formé dans le cabinet d’un homme remarquable, le Président Famara Ibrahima Sagna.

Donc il a fréquenté la haute administration avant d’être directeur de cabinet au ministère de l’Equipement et des Transports, avec Madieyna Diouf comme ministre, président du Conseil régional de Dakar puis ministre des Sports et enfin ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur informel.

C’est aussi dans le monde des affaires qu’il a construit sa réussite professionnelle en tant qu’administrateur de sociétés. C’est un pur produit du mouvement associatif et mécène de plusieurs associations de jeunes et de femmes sur l’ensemble du territoire national.

Ancien président du Guédiawaye Football Club (GFC) et ancien vice-président de la Fédération sénégalaise de football, il est le plus grand sponsor de la promotion des sports et de la culture au sein de la banlieue dont il est issu.

C’est donc un homme rompu aux taches républicaines doublé d’un homme d’affaires averti qui est prêt à assurer le destin présidentiel que nous lui voulons.

De plus, les qualités intrinsèques de droiture dans la bonne éducation, les valeurs morales et l’éthique caractérisent chacune de ses démarches qui sont la marque vivante d’un homme prêt pour porter la charge.

On ne démissionne pas librement d’un gouvernement si on n’a pas de convictions, de sens de l’éthique et du patriotisme. Je sais aussi que la parole est sacrée chez lui et les Sénégalais le savent. Sa côte de popularité et de sympathie nous surprend tous les jours, nous qui l’accompagnons dans ses différents déplacements.

Oui Malick Gakou a la maturité requise, l’expérience et la hauteur d’un homme d’État en phase avec sa génération.

On lui reproche d’avoir choisi le Conseil régional de Dakar à la place de la mairie de Guédiawaye en 2009 et d’avoir laissé le champ libre à Aliou Sall en 2014 lors des élections municipales ?
En 2009, Malick Gakou a choisi d’être président du Conseil de Dakar et il y a accompli de manière remarquable sa mission. Je sais qu’après sa démission du gouvernement en 2013, il avait choisi de ne pas être candidat en 2014 aux élections locales pour soutenir un autre candidat qui n’était pas Aliou Sall.

Il a aussi gagné Guédiawaye en 2014 parce que c’est lui qui coordonnait la coalition Benno Book Yaakaar de Guédiawaye. Durant cette période, je ne partageais pas son point de vue, mais l’histoire lui a donné raison avec toutes les difficultés que vivent les maires de l’opposition pour accomplir convenablement leur mission. Aujourd’hui nous parlons d’une élection présidentielle qui est avant tout la rencontre d’un homme avec son peuple. Démocratiquement, Malick Gakou ne peut perdre sa base de Guédiawaye où il a fait toutes ses preuves déjà et le Sénégal l’acclamera au soir de l’élection de 2019.

“Je reste convaincue que le Président Malick Gakou battra le Président Macky Sall en 2019.”

Votre leader a été un des principaux initiateurs et le coordonnateur des deux plus grandes coalitions politiques de l’opposition, à savoir Mànkoo Wattù Senegaal et Mànkoo Taxawu Senegaal…
Mànkoo sous la coordination de Malick Gakou a été une grande réussite du point de vue de la qualité de ses membres et la noblesse du combat de l’opposition pour des élections libres, démocratiques et transparentes. Mànkoo n’aurait jamais dû connaître cet éclatement. Le Grand parti et son leader ont tout fait pour sauvegarder son unité et seule l’unité pouvait garantir la victoire face à la mascarade préparée par pouvoir. Si Mànkoo était unie par exemple à Guédiawaye, la victoire serait acquise et c’est le cas dans la plupart des départements.

Cette situation ne fragilise-t-elle pas l’opposition dans son combat contre Macky Sall ?
Bien sûr, les résultats des dernières législatives le prouvent à suffisance. Si l’unité de Mànkoo avait été préservée, on n’en serait pas là aujourd’hui. Hélas, il faut en tirer les enseignements idoines.

Le Premier ministre affirme que le Président Macky Sall a le meilleur profil et vous faites de Gakou le candidat idéal. Pourquoi est-il le candidat idéal ?
Le Premier Ministre oublie certainement que le Président Macky Sall est un candidat sortant. Son profil, c’est son bilan et l’appréciation qu’en feront les Sénégalais. Pour ma part, je reste convaincue que le Président Malick Gakou battra le Président Macky Sall en 2019. Il est l’homme de la situation face aux difficultés traversables qui gangrènent la trajectoire du développement économique et social de notre pays.

Selon Farba Ngom, Macky Sall fait la politique mieux que ses adversaires politiques. Qu’en pensez-vous ?
Il faut concéder à Farba son sens de la pépartie. Seulement, ce que l’on demande au Président Macky Sall, ce n’est pas de faire mieux la politique que ses potentiels adversaires mais, de bien servir le Sénégal en mobilisant toute son énergie au service exclusif de la République et non de la politique politicienne qu’il évoque certainement.

Votre secrétariat exécutif a annoncé la tenue du premier congrès ordinaire du Grand parti après deux ans d’existence. Avez-vous retenu une date ?
Nous prévoyons de tenir le premier congrès ordinaire du Grand parti en début mai 2018. Le Comité Directeur du parti, qui se tiendra début avril, confirmera les dates du Congrès ordinaire et du congrès d’investiture de notre candidat.

Malick Gakou n’est pas d’attaque, il ne répond pas aux invectives de ses adversaires. Est-ce une stratégie ?
Malick Gakou est très respecté par les Sénégalais et adulé par la jeunesse. Il est certes courtois mais loin d’être un homme timoré. Je lui conseille toujours d’être droit dans ses bottes et de respecter sa parole et ses engagements qui ont toujours été le socle de son combat pour le Sénégal depuis sa tendre jeunesse.

Il ne faut jamais qu’il descende dans les caniveaux de la politique politicienne.

“Les discussions à la borne fontaine, les insultes et les calomnies n’intéressent pas le Grand parti. Nous sommes le Parti des idées, des projets et des programmes.”

Cela ne va-t-il pas le fragiliser quand on sait qu’en politique, tous les coups sont permis ?
Pour nous, tous les coups ne sont pas permis. Nous restons et conseillons au Président Gakou de demeurer dans sa ligne de conduite empreinte de moral et d’éthique et de rester sur les hauteurs. Aucune bave ne pourra le souiller. Les discussions à la borne fontaine, les insultes et les calomnies n’intéressent pas le Grand Parti. Nous sommes le Parti des idées, des projets et des programmes.

Les cadres du Grand parti avaient promis de réunir le montant de 65 millions équivalent à la caution de Malick Gakou pour la présidentielle de 2019. Où en sont-ils ?
Je salue la démarche exemplaire des cadres qui sont dans la bonne direction. J’espère qu’ils pourront boucler leur engagement avant fin mars 2018 tels qu’ils se sont engagés à le faire.

Quel projet de société présentera votre leader pour convaincre les Sénégalais qu’il est l’homme du changement et de l’alternative ?
Le Président Gakou fera une adresse au peuple sénégalais avant la fin du mois de mars pour décliner son programme et sa feuille de route en perspective de l’élection de 2019. D’ores et déjà, je sais que son projet pour le Sénégal sera ambitieux et portera les gages d’un Sénégal développé et prospère avec une vie politique moralisée, une séparation des pouvoirs accomplie, la lutte contre la corruption et la prévarication des deniers publics, le tout autour d’une politique de croissance inclusive.

Votre leader vous considère comme une mère et sa principale conseillère. Quelle attitude, selon vous, doit-il tenir pour gagner le cœur des Sénégalais ?
Il doit juste rester à la hauteur de la dignité et des valeurs que requiert la charge et incarner au plus haut point l’espoir et le changement pour le redressement du Sénégal.

Lionne du Ndoucoumane, vous habitez au cœur du bassin arachidier. Que vous inspire la politique agricole du Président Macky Sall ?
La politique agricole du Président Macky Sall a échoué du fait de l’absence d’une véritable stratégie de sa modernisation, de la non prise en charge du financement de son développement.Notre agriculture est en agonie et va le demeurer aussi longtemps que les préoccupations du monde rural ne seront pas une priorité pour le gouvernement. Rien que pour cette présente campagne agricole, les paysans sont dans le désarroi absolu, du fait de l’incurie des mauvaises décisions du gouvernement, sur la variété arachidière. L’absence de mesures d’accompagnement a fini de bouleverser le secteur agricole qui vit en jachère.

Que fera le Grand parti à ce niveau ?
L’agriculture sera le moteur de la croissance économique durable et inclusive du programme de notre candidat. Rien de grand ne peut se construire dans ce pays sans un secteur agricole dynamique, moderne et compétitif. Il y va de l’avenir de notre pays que de faire du secteur agricole une priorité de notre aspiration au développement. C’est dans cette direction que le Programme de notre candidat va aller.

Votre parti avait deux députés et quatre maires. L’un des maires en l’occurrence Fallou Fall, maire de Birkilane a transhumé vers l’Apr. Son départ ne fragilise-t-il pas le parti dans votre fief de la région de Kaffrine ?
Il y a juste un mois, le Président Gakou a réuni tout le département de Birkilane du Grand parti. Ils ont tous réitéré leur ancrage dans le parti et se sont engagés malgré le départ de Fallou à faire du Grand parti, la première formation politique du département. D’ailleurs, il a été retenu que le second tour du Sénégal que le Président Gakou va entamer en fin mars démarrera à Birkilane.

“Nous avons espoir qu’après 19 ans de libéralisme, c’est-à-dire 12 ans de Abdoulaye Wade et 7 ans de Macky Sall, il est temps de changer de cap.”

Khalifa Sall et Malick Gakou tous deux enfants du Parti socialiste ont été respectivement exclus du PS et de l’AFP pour avoir affiché leurs ambitions de faire face à Macky Sall en 2019…
C’est justement le paradoxe de la situation politique du Sénégal. Le principe de base du jeu démocratique c’est que les partis se créent pour aspirer à diriger le pays. Les ambitions de Khalifa et de Malick sont légitimes à cet égard. Je suis toujours un adversaire farouche de la pensée unique et une combattante acharnée de l’injustice.

Est-il possible d’envisager l’élection présidentielle de 2019 sans un candidat socialiste ?
Une alternative socialiste est la seule crédible en 2019 pour le retour des valeurs de la République, les principes d’humanisme et l’éthique qui sont les fondements de notre obédience politique. Nous avons espoir qu’après 19 ans de libéralisme, c’est-à-dire 12 ans de Abdoulaye Wade et 7 ans de Macky Sall, il est temps de changer de cap. Nous restons convaincus que Malick Gakou incarne ce nouveau cap de la République des valeurs et du renouveau de l’État réformiste.

Pensez-vous que votre refus de participer au dialogue était une bonne idée quand on sait que les experts ont confirmé la fiabilité du fichier électorale à 98% ?
Le dialogue, pour être constructif, doit être sincère et se tenir dans les conditions de confiance mutuelle entre les acteurs. Dans le cas de ce dialogue, nous constatons que l’État n’a pas voulu créer les conditions appropriées d’un minimum de consensus sur les termes de référence dans l’intérêt exclusif du Sénégal de demain pour des élections libres, démocratiques et transparentes.

De plus, la fiabilité du processus électoral ne se résume pas seulement à la question du fichier.

Qu’en est-il de la décision du président Macky Sall de procéder à la révision des listes électorales en seulement deux mois alors que beaucoup de sénégalais n’ont pas reçu leur carte d’identité jusqu’à présent ?
Les conditions d’une élection libre, démocratique et non contestable ne sont pas encore réunies et c’est pourquoi l’opposition n’a pas d’autres choix que de parfaire son unité et d’engager la bataille dans cette direction. Il est temps de s’arrêter et de se parler en toute responsabilité avant qu’il ne soit trop tard.

“Nous sommes en train de travailler à la mise en place d’une large coalition qui va porter la candidature du Président Malick Gakou.”

Le médiateur de la République a fait une sortie pour déplorer le déroulement des dernières législatives. Quelles analyses faites-vous ?
Je salue son courage politique consistant à ne pas accepter l’inacceptable. Les élections législatives ont été une vraie mascarade à bannir dans l’Agenda de notre démocratie citée en modèle en Afrique et dans le monde.

Votre leader Malick Gakou a toujours été très proche des jeunes et des femmes de son pays en attestent sa forte implication dans les mouvements associatifs et la création de sa fondation Maternité solidaire. Est-ce à dire qu’ils auront une place de choix dans son programme ?
Bien évidemment, notre ambition est de faire de Malick Gakou, le candidat de l’avenir et de l’espoir et qui pose ces deux postulats s’adresse avant tout aux femmes et aux jeunes. Il sera le candidat des femmes et des jeunes.

Quelles relations entretenez-vous avec vos anciens camarades de l’AFP plus particulièrement avec votre ancien leader, Moustapha Niasse ?
Nous n’avons aucune relation d’animosité avec nos anciens camarades de l’AFP. Chaque parti exprime sa vision de la défense des intérêts du Sénégal avec ses convictions propres. Pour nous, l’avenir c’est le Grand parti.

Malick Gakou sera-t-il candidat d’une Coalition ?
Bien évidement nous sommes en train de travailler à la mise en place d’une large coalition qui va porter la candidature du Président Malick Gakou.

 

Auteur: Jules Souleymane Ndiaye (L’Observateur

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