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Pourquoi doit-on élire une femme au Palais…

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À quand une femme chef d’Etat au Sénégal ? En tout cas vu les piètres performances et le manque de conviction des hommes politiques, il est grand temps qu’elles s’alignent sur la ligne de départ et pourquoi pas, décrocher la timbale. Comme les hommes ne cessent de cumuler les échecs, il serait intéressant de voir si les femmes ne pourraient pas constituer une alternative crédible pour faire mieux. Malheureusement, certains préjugés fondés sur rien du tout font que d’aucuns pensent que la femme n’est pas assez outillée pour diriger ce pays, alors qu’il n’en est rien. Et il est courant d’entendre dire que les gens ne sont pas encore préparés à cette situation. Mais combien sont-elles ces braves femmes promues à des postes de responsabilités qui ont fait autant sinon mieux que les hommes durant ces deux décennies ?

Il serait fastidieux de toutes les lister. Néanmoins nous en citerons quelques unes. Tout d’abord Mame Madior Boye, ancien Premier ministre, première femme à avoir occupé ce poste au Sénégal. Une dame réputée pour sa rigueur et sa transparence, dotée d’un sens de la mesure reconnu, qui n’a jamais versé dans les compromissions et les invectives. Durant son passage au ministère de la Justice, d’avril 2000 au mois de mars 2001, elle a su s’imposer, de par sa droiture et sa maîtrise des dossiers, gagnant par là l’estime de ses collaborateurs. Lors de son bref passage à la Primature, elle a su allier courtoisie et fermeté pour s’acquitter de la lourde tâche qui lui était confiée. Comme pour dire une femme de poigne et de conviction. La conviction devenue une denrée rare chez nos politiciens, prompts à la compromission et au retournement de veste.

À côté de Mame Madior, on peut encore citer le cas d’Aminata Touré. Surnommée la dame de fer du fait de son intransigeance à mener à terme l’épineux dossier de la traque des biens mal acquis. Mimi Touré, a aussi piloté d’autres dossiers sensibles comme celui du marabout Cheikh Béthio Thioune. Malgré sa rigueur et sa fermeté dans la conduite de la traque à son terme, elle a été mutée à la station primatoriale. Une situation incompréhensible, mais que certains esprits avisés considéraient comme moyen de l’écarter de ce terrain glissant de la traque vu son intransigeance à la mener à terme. D’ailleurs c’est suite à son départ que cette traque s’est détraquée pour ne pas dire s’est embourbée. La seule conviction chez Aminata Touré, mais une conviction fondamentale, est que «La politique ne doit pas être une spécialité. Elle ne doit pas être un métier, mais une volonté de changer les choses», aime t-elle répéter.

Amsatou Sidibé aussi est à mettre dans le lot des femmes de conviction. Une dame qui n’a jamais voulu tordre le cou au droit pour défendre des intérêts partisans. Ce qui lui avait d’ailleurs valu son limogeage du palais pour avoir dit le droit dans l’affaire Karim Wade. Dans ce registre, des femmes à conviction, on peut aussi ajouter Aïssata Tall Sall, Maire de Podor, qui a toujours assumé ses idées, qu’elles dérangent ou pas. Malgré les incessants appels de l’ex Président Abdoulaye Wade qui lui avait fait un pont d’or pour qu’elle le rejoigne, elle a toujours su résister là où nombre de politiciens auraient flanché. Lors des élections locales pour la conquête de Podor, elle est parvenue après un combat épique qui l’opposait à Racine Sy, à le terrasser malgré les moyens colossaux mis à sa disposition. Le courage en bandoulière, elle a été la seule à avoir osé défier l’inamovible Ousmane Tanor Dieng de son fauteuil de Premier Secrétaire du Parti socialiste, là où tous les hommes se sont tus et terrés.

D’ailleurs, elle n’a eu de cesse de réclamer une alternance générationnelle au sein du Ps. Malgré tout, elle aura réussi à donner une leçon de courage à ses camarades en assumant ses convictions jusqu’au bout. La conviction, une vertu privée mais d’utilité publique que les hommes ont tendance à piétiner pour des prébendes. Donc vivement une femme comme présidente de la République. Parce que depuis plus de 50 ans, les hommes politiques font du surplace. Ils n’ont d’yeux que pour leurs intérêts immédiats et sont insensibles aux nombreux maux qui assaillent les populations. Il est temps que les femmes, montrent qu’elles aussi, ont le talent et les capacités nécessaires pour faire mieux que nos politiciens qui ne cessent de cumuler les échecs.

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