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Le 11 octobre, journée internationale de la fille entre Violences sexuelles et Culture de l’impunité

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Comme Odile, une fille sur dix est mariée avant l’âge de 15 ans au Bénin, et trois filles sur dix avant 18 ans, selon une étude du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) parue en 2015.

Le mariage des enfants, forcé ou non, est défini comme l’union, informelle ou légale, religieuse ou coutumière, de toute personne de moins de 18 ans. Les filles sont mariées de force par leurs parents ou tuteurs, avant même d’être physiquement ou émotionnellement matures, pour devenir des épouses et des mères.

Une fois mariées, elles sont fréquemment exposées aux violences sexuelles, physiques et psychologiques, sans pouvoir faire valoir leurs souhaits en matière de contraception et de protection sexuelle, d’où un risque élevé de contracter le sida et d’autres maladies sexuellement transmissibles. Jeanne, mariée de force à l’âge de 11 ans, témoigne : « J’ai été tellement violée par cet homme que souvent je pissais du sang. C’est après avoir été recueillie par les sœurs salésiennes que j’ai été informée, après un dépistage, que j’étais infectée par le VIH. »

Comme Jeanne, les filles victimes d’abus sexuels peuvent trouver refuge chez les sœurs salésiennes de Don Bosco ou dans les centres d’accueil et de protection des enfants, où elles bénéficient d’un accompagnement psychologique et d’un suivi pouvant déboucher sur une formation à l’artisanat ou sur un retour dans le système scolaire. « Si la victime ne peut être protégée par aucun des membres de sa famille, elle est placée en institution, où le travail sur son bien-être mental continue et où elle participe aux activités de la vie courante avec d’autres enfants, comme si elle était en famille », précise Valérie Idossou, directrice chargée de la famille dans le département de l’Atlantique.

Au Bénin, il existe deux principales formes de mariage des enfants. La première, coutumière, est fortement influencée par les interprétations des préceptes religieux qui perpétuent une norme sociale. Cette forme s’explique notamment par le faible niveau d’éducation et par l’existence généralisée d’une culture de l’impunité. Des parents marient leurs filles par obligation, conformément aux exigences de certaines coutumes, pour unirdavantage ou préserver des liens d’amitié entre deux familles.

La seconde forme, économique, est conditionnée par la pauvreté des ménages. Au Bénin, l’expansion des poches de pauvreté, surtout en milieu rural, est une cause régulière de mariage forcé. Dans la commune de Sô-Ava, par exemple, c’est une pratique courante. Des familles y ont recours pour leur survie. « Notre père n’avait pas assez de moyens pour s’occuper de nous. Il a donc choisi de nous vendre », explique Cécile, une victime issue d’une famille nombreuse. En ce qui concerne Odile, elle a été livrée contre deux bouteilles de liqueur et 5 000 francs CFA (7,60 euros).

Au-delà des drames qu’il entraîne, le mariage des enfants a des conséquences négatives pour le développement du Bénin, car les filles ne sont plus scolarisées. Seules 51 % des jeunes Béninoises terminent le cycle primaire, un taux qui chute à 19 % dans les milieux ruraux pauvres, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Des milliers de futures femmes sont ainsi privées des compétences, des connaissances et des perspectives d’emploi qui leur permettraient de construire un avenir prospère pour elles et leur famille, et donc de contribuer au développement économique de leur pays. Le Monde

senegal7

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