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Le fils de Saleh appelle les Yéménites à venger son père

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Les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont renforcé leur emprise mardi sur la capitale yéménite Sanaa au lendemain de l’élimination de leur ancien allié, devenu leur adversaire, l’ex-président Ali Abdallah Saleh. La disparition à 75 ans de l’ancien homme fort du Yémen a ouvert un boulevard aux insurgés qui partageaient jusqu’ici le contrôle de la capitale avec lui. Les funérailles d’Ali Abdallah Saleh doivent se tenir ce mardi. Le Figaro fait le point sur la situation.

 

• Le fils de Saleh appelle à venger son père

Le fils de l’ex-président yéménite a appelé ses compatriotes à venger son père, dans un discours diffusé mardi par une chaîne saoudienne, al Ekbaria. «Je conduirai la bataille jusqu’à ce que le dernier Houthi soit chassé du Yémen», a déclaré Ahmed Ali Saleh, qui est assigné à résidence aux Émirats arabes unis, alliés de l’Arabie saoudite dans la guerre contre les Houthis. Il a exhorté tous les partisans de son père à «reprendre le Yémen aux miliciens iraniens houthis». Ahmed Ali Saleh, ancien commandant de l’unité d’élite des Gardes républicains au Yémen, semble avoir été préparé pour succéder à son père et pourrait être la dernière chance pour le clan Saleh de regagner de l’influence.

 

• Quelques escarmouches dans le sud de Sanaa

Signe de la mainmise croissante des rebelles sur la ville: des points de contrôle tenus par leurs hommes se sont multipliés et les combats dans la capitale ont significativement réduit, selon des habitants, hormis quelques escarmouches dans la partie sud de la ville, le fief des partisans de Saleh. En l’espace d’une semaine, les combats au sein du camp rebelle dans la capitale yéménite Sanaa ont déjà fait au moins 234 morts et 400 blessés, selon une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les premiers incidents ont éclaté mercredi dernier lorsque des rebelles Houthis ont voulu prendre le contrôle de la mosquée Saleh, la plus grande du pays. Les miliciens chiites ont appelé une grande manifestation dans la capitale mardi après-midi pour célébrer ce qu’ils appellent «l’échec d’un complot ourdi» par l’ancien président.

 

• 25 raids aériens nocturnes sur la capitale

La capitale yéménite a tout de même passé la nuit sous les bombardements et les survols intensifs de l’aviation de la coalition menée par l’Arabie saoudite qui combat les rebelles depuis 2015, ont rapporté des habitants. Le coordonnateur humanitaire de l’ONU au Yémen, Jamie McGoldrick, a lui-même dénombré 25 frappes aériennes durant la nuit. La coalition sous commandement saoudien avait exhorté la veille les civils à se tenir à «plus de 500 mètres» des zones sous contrôle des Houthis, laissant supposer cette intensification de ses raids. Le palais présidentiel situé dans le centre de Sanaa, au milieu d’un quartier densément peuplé, a subi au moins sept raids aériens, selon des habitants. Aucune information n’a pu être obtenue sur des victimes éventuelles de ces frappes.

 

• La Ligue arabe condamne l’«assassinat» de Saleh

«L’assassinat (d’Ali Abdallah Saleh, NDLR), et la façon dont il a été perpétré, révèle à tous la nature criminelle, dépourvue d’humanité, de cette milice qui constitue la raison principale de la dévastation qui a frappé ce pays», a condamné le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit. «Tous les moyens doivent être employés pour débarrasser le peuple yéménite de ce cauchemar», a déclaré la Ligue arabe, par allusion aux Houthis. La mort de l’ex-président «présage d’une explosion de la situation sécuritaire» au Yémen, a ajouté le chef de l’organisation panarabe. Signe de cette dimension régionale croissante du conflit, l’Iran a déclaré, par la voix de son président Hassan Rohani, que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux «agresseurs», dans une allusion à l’Arabie saoudite.

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