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« Faidherbe doit tomber » : des collectifs français et sénégalais à l’assaut du mythe du colon bâtisseur

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De Lille à Saint-Louis, plusieurs associations militantes entendent faire disparaître de l’espace public le nom de Louis Faidherbe, l’ancien gouverneur français du Sénégal. Elles proposent de débaptiser les rues, ponts et lycées qui portent son nom et de déboulonner les statues à son effigie.

« Faidherbe doit tomber ! » Un collectif lancé le 10 avril à Lille, dans le nord de la France, en partenariat avec une association sénégalaise, a fait du déboulonnage de la statue équestre de Louis Faidherbe son cheval de bataille. Depuis octobre 1896, une imposante représentation en bronze du général trône en effet dans le centre-ville de la capitale des Flandres. Une manière, pour sa ville d’origine, de rendre hommage à celui qui « s’est illustré durant la guerre de 1870 à la tête de l’armée du Nord », lit-on sur le site de la municipalité.

Mais c’est son action en tant que gouverneur du Sénégal, pendant la colonisation française, que dénoncent les associations. « Il y a un réel déni : on célèbre le militaire actif en France et on occulte sa carrière coloniale », constate Thomas Deltombe, coordinateur de la campagne « Faidherbe doit tomber » pour l’association Survie Nord, mais aussi auteur de L’islam imaginaire (La Découverte, 2007) et co-auteur de Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971 (La Découverte, 2011).

LES HOMMES ONT ÉTÉ MASSACRÉS, LES VILLAGES RÉDUITS EN CENDRE. ET LA FAMINE EST DEVENUE UNE ARME DE GUERRE

Le gouvernorat de Faidherbe – de 1854 à 1861 ; puis de 1863 à 1865 – a été marqué par de nombreuses campagnes militaires menées dans les anciens royaumes du Fouta Toro (Sénégal, Mauritanie), du Khasso (Sénégal, Mali) et du Kayor (Sénégal).
« Pendant des années, les peuples de la région ont été soumis à la mitraille française, dénonce Thomas Deltombe. Les hommes ont été massacrés, les villages réduits en cendre. Et la famine, savamment entretenue dans les « zones rebelles », est devenue une arme de guerre… »

Le mythe du « bon colon »

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