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Abdou Fall – « Le recours de l’opposition devant la Cedeao ne saurait prospèrer »

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Appelant l’opposition à aborder de manière lucide les réformes du code électoral qui vont conséquemment découler du vote de la loi constitutionnelle portant instauration du parrainage, Abdou Fall présume que les différentes parties prenantes  peuvent bien travailler de manière concertée sur l’ensemble des modalités d’organisation et de gestion du processus électoral. Au demeurant, il propose un prisme d’analyse prospectif portant sur la crise éducative, les énergies vertes, ou encore sport… es qualités de coordonnateur du comité Russie 2018. Entretien. 

 

 

 

Adopté dans la controverse, le projet de loi portant instauration du parrainage est en passe d’être attaqué devant les juridictions de la Cedeao. Quelle lecture faite vous de cette internationalisation de la contestation ?

 

Je pense simplement que les adversaires du régime sont mauvais perdants. Cette saisine n’a aucun sens, sinon de donner l’impression d’une résistance pour faire bonne figure. Nous sommes bien loin des  délais de 6 mois au delà desquels aucune modification du système électoral n’est tolérée, et ils le savent bien.

 

 

N’aurait-il pas été plus judicieux que l’adoption du texte soit précédée d’un consensus ?

 

Vous avez vous même été témoin  des étapes de la concertation initiée par le gouvernement pour vous rendre compte de la volonté systématique et manifeste de l’opposition de bloquer le processus d’adoption des réformes liées à la rationalisation du système partisan et la réorganisation du vote qui en découle. L’opposition était  jusque là dans la  logique d’entraver la préparation de la prochaine  élection, voire même de créer les conditions d’un vote impossible le moment venu pour des raisons qu’il convient de comprendre.

 

Et quelles sont ces raisons à votre avis ?

 

C’est lors des dernières élections législatives que l’opposition a perdu la présidentielle. Et pour une raison bien simple. Face à l’impossibilité d un accord, l’opposition a volé en éclats, transformant ainsi les élections législatives en des primaires dans leurs rangs. Les animateurs de la nouvelle opposition, tablant sur la mort du Pds, ont voulu se constituer en pôle dominant, bataille qu’ils ont perdue de manière retentissante avec le retour inattendu du président Wade dans l’arène. Personne parmi les actuels  dirigeants de parti qui prétendent au pouvoir n’a pu obtenir  plus d un siège de député dans la nouvelle Assemblée nationale. C est ainsi qu’un parti comme Rewmi est passé de 10 sièges lors de la précédente législature à 1 seul siège dans l’actuelle assemblée. Un véritable naufrage, vous voyez !  Et la  plupart parmi les plus virulents  n’ont même pas été capables de rassembler les suffrages  du quotient électoral. Le Pds est certes sorti largement victorieux de ces primaires de l’opposition en écrasant tous ces prétentieux qui se mesuraient à Wade, mais  il est de son côté dans l’impasse par défaut de candidat. Le Pds n est pas formaté pour porter une candidature autre que celle de Wade ; alors qu’il est actuellement inéligible. Voilà les ressorts de la crise que traverse l’opposition, crise qu’elle s’efforce de masquer derrière une agitation et un activisme politique d une autre époque. Donc au  regard de la configuration des forces en présence, il devient aisé de comprendre la logique d’obstruction du processus électoral dans laquelle notre opposition a voulu enfermer le pays, ce que personne ne peut accepter.

 

Est ce à dire que le dialogue n’est plus possible à présent ? 

 

Je pense au contraire que l’opposition ne peut manquer de faire  une lecture lucide de  l’échec des tentatives d’installer le désordre dans les rues de la capitale et d’obstruction à l’Assemblée du vote de la loi sur le parrainage pour se remettre en cause en comprenant enfin que notre pays est arrivé à un niveau de maturité politique et démocratique qui n’autorise plus les formes de lutte politique d’un autre âge.  On ne peut pas,  en 2018, recourir à des moyens de lutte politique des années 88 voire 68. C’est pourquoi je pense que la raison ne manquera de prévaloir dans leurs rangs pour leur faire envisager les prochaines étapes des réformes législatives en cours dans un autre état d’esprit ; conformément à la demande exprimée parmi  les voix les plus fortes du pays.

 

N’y a-t-il pas un risque, comme le craint l’opposition, que le parrainage soit instrumentalisé en vue de baliser la voie du candidat Macky Sall ?

 

Ce sont là des arguments faciles et puérils qu’aucun observateur sérieux ne peut retenir. Les réformes du code électoral qui vont conséquemment découler du vote de la loi constitutionnelle donneront l’occasion de travailler de manière concertée sur l’ensemble des modalités d organisation et de gestion du parrainage. Et  il n’y a aucun doute que la fiabilité et la transparence du système seront totalement garanties.

 

Quel regard portez-vous, en tant qu’enseignant, sur les conflits récurrents dans l’espace scolaire et universitaire du Sénégal ?

 

Dans le contexte des politiques d’ajustements des années 80, l’option de nos  États, sous la pression du Fmi et de la Banque mondiale, était de se désengager des secteurs sociaux en général, l’éducation et la santé en particulier. Cette politique était la règle au même moment où nos pays faisaient face à des poussées démographiques sans précédent. Et l’obligation d accès universel à l’éducation  le  droit à l’école pour tous, a conduit l’Etat du Sénégal à expérimenter diverses formules d’optimisation des ressources humaines disponibles, et dans le recrutement, sur des bases nouvelles,  d’enseignants pour répondre à cette exigence de démocratie sociale. C’est ainsi que beaucoup de nouveaux corps sont apparus avec des statuts variés dont certains étaient marques par une précarité discriminante  par rapport à d’autres plus stables au sein du même espace scolaire. Cette situation a entraîné le développement du corporatisme au détriment des syndicats unitaires et  explique l’âpreté des luttes sociales dans le secteur. C est précisément la conscience que le gouvernement partage avec eux  de la nécessité de gommer  ces disparités dans les statuts que des efforts budgétaires colossaux ont été consentis ces dernières années en matière de régularisation et d’harmonisation au profit des nouveaux corps.  Ces efforts budgétaires, qui sont cumulés avec l’autre exigence de poursuivre les recrutements et de continuer de fournir un service éducatif en extension continue, justifient par ailleurs la nécessité d’une gestion concertée dans la coresponsabilité, entre l’Etat et les enseignants ; pour une prise en charge solidaire des problèmes de l’école publique. On constate de plus en plus, en dépit de l âpreté des conflits, qu’une large opinion est en train de se construire   au sein comme en dehors de la communauté éducative,  pour appeler à cette gestion solidaire et coresponsable de l’école.  C’est cette tendance que nous devons consolider en sortant des sentiers battus pour faire preuve de créativité.

 

 

Es qualités de président du Conseil patronal des énergies renouvelables du Sénégal,  comment appréciez vous le débat sur la politique énergétique, dans un contexte marqué par l’exploitation imminente des ressources pétro-gazières ? 

 

Le président Macky Sall s’était engagé et a réussi le pari d’un mix énergétique de plus de 20% d’ énergie propres dans le bilan énergétique du Sénégal, ce qui nous place aujourd’hui en Afrique et sur l’ international parmi les pays leader dans la transition énergétique en cours dans le contexte de lutte acharnée des nations et de la communauté internationale contre les risques climatiques. C’est dans le cadre d un partenariat public / privé bien pensé que le gouvernement du Sénégal, à travers  la Senelec , a réussi ce beau pari qu’il y a lieu de consolider et d’ étendre au sein des communautés de base par la promotion des technologies solaires à usages domestiques et productifs . Notre organisation patronale, le Coperes, y travaille en compagnie de l’ensemble des opérateurs du secteur. Et notre pays recèle un énorme potentiel et compte de nombreux atouts à faire prévaloir pour consolider son leadership dans ce domaine. Les acteurs privés et de la société civile du secteur  travaillent sur  beaucoup de nouveaux chantiers sur lesquels l’attention et le concours  des pouvoirs publics sont attendus. Nous sommes heureux de l’option du gouvernement du Sénégal de maintenir le cap de la promotion des énergies renouvelables comme composante essentielle de notre politique d’indépendance énergétique, malgré notre évolution vers  le statut de pays pétrolier et gazier. Cette option avant-gardiste est à saluer comme marque  de la volonté de notre nation et de ses dirigeants d être au rendez vous du monde nouveau en construction.

 

Dans un autre registre vous êtes appelé à coordonner le comité Russie 2018. Quel est le bien fondé de la mise en place de cette structure ?

 

En nous qualifiant pour les phases finales de la coupe du monde, nos  Lions  hissent déjà notre pays dans le Gotha  du football mondial où ils vont  représenter le Sénégal et  défendre en même temps  les couleurs du continent africain.  Ce qui est déjà, en soi, une performance qui justifie la fierté de tous.

C’est précisément cette belle performance qui place notre pays sous les projecteurs de ce grand spectacle mondial qui a aussi inspiré la décision du gouvernement de mettre en place le comité national « Russie 2018  » placé sous la présidence du Premier ministre, et sous la vice-présidence du ministre des Sports. Ils m’ont fait l honneur de me designer coordinateur dudit comité dont la mission est d’assurer la promotion de la destination Sénégal dans les domaines économique, culturel, touristique, artisanal, sportif… Nous sommes dans un monde de vitesse et d innovation, et  le football ne mobilise pas que des supporters. Des enjeux d’affaires et d’investissements colossaux se jouent aussi dans cet univers. C’est donc à l’honneur de nos  dirigeants politiques  d’affirmer encore une fois par cet acte  leur volonté de nous mettre  au diapason en se posant en partie prenante de tout ce qui peut concourir au développement et au rayonnement du Sénégal. Se saisir de toutes les opportunités pour promouvoir la destination Sénégal, en vue de toujours le hisser aux rangs des nations dignes, travailleuses, attractives  et respectées. Voilà le crédo du comité, tel que le Premier ministre nous l’a notifié au nom du président Macky Sall. Nous travaillons sous l’autorité du ministre des Sport qui ne manquera pas, dans les tout prochains jours, de présenter notre  feuille de route à l’opinion .

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