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Bara Sylla est placé sous mandat de dépôt par le juge de Diourbel. Il a déjà passé ses premières nuits au niveau de la maison d’arrêt et de correction. L’homme est présumé avoir tenté de convoyer deux camions de médicaments contrefaits d’une valeur financière d’environ un milliard 350 millions de francs Cfa. L’ancien candidat malheureux à la députation lors des dernières élections législatives est poursuivi pour trois chefs d’accusation au moins : trafic international de médicaments, contrebande et association de malfaiteurs. Il a été alpagué à Dakar par les gendarmes après qu’il a tenté de se trouver une nouvelle planque dès lors que celle de Touba a été trouvée par les enquêteurs. Dans cette affaire où plusieurs gros bonnets sont cités, il est le seul à tomber, pour le moment.

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C’est à une vraie passe d’armes qu’on a assisté ce matin au cours de la 13e session du Conseil présidentiel sur l’investissement. En clair, le patron des patrons Mansour Kama n’a pas mis de gants pour dire, de but en blanc, au chef de l’Etat : « Le dialogue entre le secteur privé et le gouvernement s‘est appauvri alors qu’il est autant important que le dialogue politique. Vous ne dialoguez pas assez avec le secteur privé Monsieur le Président ».
Une outrance qui fera sortir le président de la République de sa réserve. « Je suis surpris d’apprendre que le dialogue entre le secteur privé et le gouvernement s’est coupé. J’avais instruit Amadou Ba et le ministre du Travail de maintenir plus qu’un dialogue avec le secteur privé, un partenariat, au moment où j’ai appelé au dialogue politique ».
Revenant à la charge, Mansour Kama fera comprendre que « le secteur privé national n’est pas partisan d’un marché fermé aux étrangers ». Toutefois, refuse-t-il, « il n’acceptera pas d’être victime consentante d’un marché monopolisé par les étrangers. Les Grands Projets TER et AIBD sont donnés aux étrangers ».
Réponse du Premier des Sénégalais : « Il y a bel et bien des entreprises locales dans les Grands projets en cours dans le pays. Elles sont impliquées dans la construction de rails, mais concernant le système et le train il n’y a pas d’entreprises nationales performantes dans ce domaine. Le secteur privé a besoin d’éclairage sur certains sujets pour une bonne tenue du dialogue avec la gouvernement ».
Au rayon de l’adhésion « accélérée » du Maroc à la CEDEAO, Mansour Kama a mis en garde contre les risques économiques.
Macky Sall de recadrer : « La question du Maroc est une question africaine et de la CEDEAO. En 2018, nous allons vers le ZLEC (Zone de libre-échange continental) : un marché unique  où il n’y aura plus de droits de douane. Vous n’aurez pas que le Maroc en face, mais aussi l’Afrique du Sud et le Kenya. Le vrai débat est de faire en sorte d’être aussi performant et compétitif que le Maroc. Au moins, respectez les chefs d’Etat, ils sont des personnes intelligentes capables de défendre les économies de leurs pays respectifs. D’ailleurs il y a une commission de la CEDEAO qui est actuellement au Maroc pour étudier les tenants et les aboutissants de la participation du Maroc à la CEDEAO. Il faut que le secteur privé soit en phase avec les ambitions du gouvernement ».
Ces éclaircissements n’ont pas poussé Mansour Kama à ses derniers retranchements. Ainsi, change-t-il de fusil d’épaule : « Le Port de Dakar ne garantit pas le flux nécessaire pour les affaires. La situation est incompatible et ne garantit pas le développent. Le Port va à l’encontre même de la vision du PSE de faire de Dakar un hub logistique ».

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