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Quel gâchis !

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C’est à croire que nous n’avons rien compris des exigences des compétitions internationales ou alors que nous sommes pauvres comme des rats d’église au point de nous rendre dans ces joutes sans un copeck dans les poches.
A moins que d’aucuns ne racontent n’importe quoi, dans le seul but de faire le buzz, ou de salir l’image des fédéraux du basket.
Quoi qu’il en soit, c’est scotché dans le rond de cuir que l’on reste coincé quand on lit L’Observateur de ce mardi.
Le ramassis de faits invraisemblables semble si épais et indigestes, qu’il serait grand temps qu’on s’y arrête pour stopper la simagrée des saltimbanques qui se sont installés au sommet de notre sport.
Il est bon de se poser, de nous regarder, de nous dire nos vérités et d’arrêter les frais. La sauce est devenue trop nauséabonde pour qu’on continue d’ignorer ces effluves malodorantes et inopportunes.
Peut-on continuer d’aller en compétitions internationales et présenter toujours les mêmes faits divers dans la rubrique gestion de la participation sénégalaise ? Peut-on continuer de voir un Gorgui Sy Dieng payer de sa poche la note de frais, comme il l’aurait encore fait cette fois à Lagos si l’on en croit l’ancien président de la fédération sénégalaise de basket ball, Baba Tandian, qui n’en lâche pas une ? A raison s’il dit vrai.
On ne peut pas tomber aussi bas surtout après que le ministre des Sports eut cru bon de tirer à boulets rouges, sans mesure et restriction, sur le sélectionneur national, Adidas, un monstre de personnalité au palmarès élogieux pour lequel il n’a montré que mépris et ses méconnaissances sportives.
Mais voilà, le Sénégal d’aujourd’hui est celui où l’on bande les muscles quand on a le pouvoir. Il se décuple quand on a réalisé deux ou trois choses de plus que les prédécesseurs, comme si cela a été fait avec leur pèze.
Quelle méconnaissance et inconsistance.
Il n’est pas étonnant que l’on se retrouve après dans des situations burlesques et d’incapacité de répondre aux hauts niveaux de l’exigence. Avec une telle inculture, que peut-on apprendre de plus !
La preuve, l’Agence de presse sénégalaise, en pleine crise de maturité, à la ramasse comme il n’est pas permis pour un pays émergent qui le crie sous les toits, se paie le luxe de grève parce que le budget s’est désagrégé en peau de chagrin.
A moins qu’on n’en veuille pas, comment expliquer qu’une agence de presse aussi crédible que respectée au Sénégal et partout dans le monde, racle ses tripes pour indigence. A-t-on seulement compris quelque chose à la stratégie de distribution de l’information dans un pays où la rumeur et les fake news s’érigent désormais en bulletins déclamés par les désaxés de la presse. Comment peut-on la laisser s’empêtrer dans de telles difficultés, alors que de nos médias, elle est certainement celle qui est le plus ou le mieux ancrée dans nos valeurs sénégalaises, dans un contexte de mondialisation qui nous impose sa façon de voire, de dire, de faire.
Comment ne pas comprendre que dans ces défis qui nous assaillent, que le prix de la véritable souveraineté passe par la maîtrise et la victoire finale dans la bataille de la communication géostratégique. Qui de mieux que l’APS pour vendre la destination sénégalaise sur le digital et assurer le branding national de notre pays dont il n’est pas fait grand état dans les bulletins du continent.
Le Sénégal, hub des affaires et services, ne saurait exister sans une APS rompue aux rigueurs de la rapidité du changement et de la communication qui caractérisent notre monde dont le but dicté par les plus puissants et d’imposer leur pensée unique et leurs cultures à travers leurs médias, cinémas, modes et autres supports de néo-colonisation. Comment ne pas comprendre qu’en termes de souveraineté communicationnelle, d’intelligence informative, l’APS reste et demeurera la clé de voute de l’architecture de la presse sénégalaise.

Nous lui préférons peut-être les rendez-vous politiques charmés par les arabesques incompréhensibles d’un PDS qui s’adonne à un jeu improbable ou la fraicheur d’un Ousmane Sonko, qui en surprend plus d’un par sa mine et son discours. Celui-là, on l’aimerait ou pas, qu’il dérange et c’est ce qui compte. C’est peut-être tout ce qui nous intéresse et recommencer un autre jeu de dupe en février 2019. Quel gâchis.

Charles FAYE

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